Mercantourama, un exemple d’aménagement durable.
22 septembre 2025. L’été se termine et le bilan saisonnier de Mercantourama montre une formidable croissance de l’activité touristique dans la haute Tinée.
Mercantourama, rappelons-le, est l’aboutissement d’un projet au long cours, initié en 2008 par le visionnaire Christian Estrosi, sous l’appellation Balcons du Mercantour. A l’époque, il ne s’agissait que de tracer ou remodeler quelques 140 kilomètres de sentiers, ponctués par quelques constructions au confort sommaire. On se souvient qu’en cette période agitée, quelques opposants, écolo-extrémistes sans doute désoeuvrés, s’étaient insurgés contre un aménagement qui fait aujourd’hui le bonheur de tous.
Cette année, ce sont près d’un million de personnes, qui se sont acquittées d’un billet d’entrée dans Mercantourama. Ce pass donne accès à la vallée depuis l’entrée de la conurbation Isola-Saint-Etienne-de-Tinée, où se trouve un parking de 5000 places dans lequel le visiteur laisse son automobile. Là, il a librement accès aux navettes électriques qui desservent les différents sites de Mercantourama. Le pass offre des réductions dans les différents établissements et les diverses activité du parc.
En été, Isola 2000 est le pôle « sports de verticalité » du complexe. Les services publics n’ayant plus les moyens d’offrir des secours en montagne gratuits, l’escalade à titre individuel a été interdite. Il est donc obligatoire de se faire accompagner par un des professionnels du bureau des guides de Mercantourama, qui saura vous conduire en toute sécurité sur les écoles et grandes voies d’escalade du secteur. Les quelques extrémistes qui avaient tenté de contourner cet interdit ont été sanctionnés par la confiscation de tout leur matériel et quelques jours de travaux d’intérêt généraux sur les sentiers du parc. Pour éviter ce genre de tentation, au pied de chaque voie, un pad à reconnaissance digitale désactive l’électrification des points d’assurance et permet aux seuls guides accrédités d’accéder à ces sites au moyen de leur véhicule tout-terrain électrique. La descente est assurée le long d’un filin câblé laissé à demeure en parallèle à chaque voie.
Le col de la Bonette marque le point de départ du sentier Balcons du Mercantour, large chemin sur lequel on peut randonner sans contraintes puisque, jusqu’à Menton, il est jalonné de confortables hébergements peu espacés :
- Les auberges d’altitude sont les plus nombreuses. Elles offrent des chambres spacieuses avec vue sur la montagne, une salle de repas et un espace restauration rapide pour les randonneurs les plus pressés. Le sous-sol comporte généralement un night-club pour occuper les soirées des promeneurs. Notez que l’auberge Jacques Médecin, au Lausfer, est fermée administrativement jusqu’à fin 2026 suite au démantèlement d’un réseau de prostitution doublé d’un trafic de drogue. La police du parc a encore une fois montré son efficacité.
- Dans la zone centrale du parc du Mercantour, la réglementation étant plus contraignante, le confort est moindre. Les refuges offrent toutefois des chambres individuelles avec douche chaude. Le refuge Franco (ex-refuge de Cougourde*), aujourd’hui au cœur du parc Alpha, récemment étendu, offre un cyber-espace permettant de découvrir la nature au cœur du parc. Cette extension du parc à loups était d’ailleurs une nécessité puisque les loups sauvages menaçaient les derniers chamois du Mercantour. Il a donc été nécessaire de les regrouper, pour le plus grand bonheur des visiteurs.
A Rabuons, c'est une étape balnéaire qui attend nos randonneurs. Les lacs du site sont maintenant chauffés toute l'année grâce à l'implantation sur site d'un mini réacteur EPR de 4e génération, semi-enterré, chef-d'oeuvre de maîtrise du nucléaire par AREVA. Tirant les leçons de l'échec commercial d'Aquavallée à Isola, Mercantourama a doté le site d'un accès ultra-rapide grâce à un téléphérique à cabines débrayables, pendant ultra-moderne de son ancêtre de la Pinatelle sur le versant ubac. Sur place, l'hostellerie de Rabuons offre tous les services dignes d'un tel site : locations de pédalos, de kayaks, câble tracteur pour ski nautique, inititation à la plongée, wind et kite-surf etc. La pêche a en revanche du être interdite par les autorités, suite aux excès de catastrophisme de la CRIIRAD. Une interdiction bien dommage et fort préjudiciable à l'économie locale puisque, depuis l'introduction de la Perche du Nil dans ces eaux, une pêcherie avait généré 25 emplois dans la vallée.
Pour randonner léger sur plusieurs jours, un important aménagement a récemment permis d’éviter la piste en dur qui était envisagée jusqu’alors. La société Pomagalski, à la demande du conseil d’administration de Mercantourama, a été mandatée pour étudier la faisabilité d’un câble transporteur de bagages. Ayant répondu favorablement à la demande des aménageurs elle a donc été chargée de sa réalisation et a tendu ce câble tout le long du tracé en utilisant au maximum l’existant (arbres, escarpements etc.) pour limiter son impact. Pour l’utilisateur, le principe est très simple : muni de son bon de réservation des hébergements, il enregistre ses bagages au départ de son parcours. A chaque étape du tracé, les bagagistes sont chargés de trier les bagages et de les faire suivre vers leur destination du jour. Ainsi, le randonneur trouve tous les soirs son bagage dans sa chambre après sa journée de marche.
A la fin de son séjour, où qu’il se trouve sur le parcours, le randonneur peut regagner Isola-Saint-Etienne où il a laissé sa voiture grâce au système de navettes mis en place par Mercantourama.
Au final, le bilan de cette excellente saison d’été préfigure probablement celui, non moins excellent, d’une saison d’hiver qui bénéficiera une nouvelle fois de ces infrastructures olympiques qui ont définitivement changé le paysage de notre belle vallée de la Tinée.
* Le refuge de Cougourde a du changer de nom lorsque les Cayres de Cougourde ont été rebaptisés Pics du Président Estrosi, en souvenir de l'accession à la magistrature suprême de ce dernier en 2015. On se rappelle que M. Estrosi, alors président du Sénat, avait succedé à son mentor, N. Sarkozy, lequel n'avait pu finir son deuxième mandat, définitivement dérangé par un coup de guitare électrique asséné par un fan de Mme Bruni-Sarkozy. (Eh oui, n'est pas J. Lennon qui veut !)


