NON !

Non, non, non et non, un espace naturel d’exception ne peut pas être le support d’une opération touristique organisée, planifiée à but proprement lucratif. MM. les élus du CG06 vous vous êtes trompés, et de projet, et de site.

Non, un espace naturel de montagne ne peut pas être aménagé, modelé sur les critères de Tour-operators, pour des intérêts privés.  L’envisager, qui plus est,  dans le « cœur » d’un Parc National frise la vulgarité, en dehors du fait même que la loi l’interdit.
Non, votre projet « Balcons » n’a pas pour objectif de rendre la montagne « accessible à tous » (car, bien évidemment, elle l’est déjà !), mais bel et bien de la rendre « payante » pour tous.
Qui peut encore en douter ?

Nous avons la chance inestimable de pouvoir accéder librement à ces territoires qui constituent notre ultime patrimoine de biodiversité transmissible aux générations futures. Ce n’est pas le cas de nombreux pays qui en interdisent totalement l’accès.
Cette ouverture ne pourra perdurer que dans le respect de règles strictes de protection de l’environnement, dans un cadre réglementaire interdisant tout aménagement quelqu’il soit, et avec une tolérance d’affluence elle aussi bien définie. En aucun cas, l’augmentation de cette affluence ne peut être l’objectif principal d’un Parc National.
Sa fonction, son rôle est de permettre la transmission de ce patrimoine dans son intégrité aux générations futures, et non d’être rentable. Un Parc National n’a pas d’autres raison d’être.

Donner pour alibi au projet « Balcons » la création d’emplois est une façon grossière de valider des intérêts privés et particuliers non avouables.
La nécessité de créer des emplois est une évidence.
Le faire sur le dos d’un Parc National en consommant un patrimoine d’espaces naturels qui ne vous appartient pas est une solution de facilité, une dérive absolue, un aveu d’impuissance.
A terme, c’est évidemment une perte de crédibilité du Parc National qui est en jeu, avec un réalisme économique discutable.
Des solutions existent, nous les avons proposées, et elles trouvent logiquement leurs places dans les hameaux et villages existant, sans avoir à attenter à ce qui fait la richesse du massif du Mercantour, à savoir des espaces naturels préservés.

1978, 2008, trentes années se sont écoulées, et il semble bien qu’il ne se soit rien passé entretemps : ni Grenelle, ni Kyoto… Les Alpes Maritimes sont une enclave hors du temps. (rappel : création du PNM en 1979 suite à un projet titanesque d’une dizaine de stations de ski).
Après avoir massacré la côte maritime, nos élus se tournent désormais vers l’arrière pays et ses montagnes en réponse à une allergie prononcée pour les espaces vierges naturels, et un appétit inassouvi pour l’exploitation commerciale d’une activité jusqu’à présent libre et gratuite.

Non, messieurs les élus, il ne suffit pas de rajouter « Durable » à la fin de chacune de vos phrases, ou de qualifier abusivement de HQE un hôtel de montagne pour que celui-ci soit à sa place au cœur d’un espace protégé. Non messieurs les élus, nous ne sommes pas dupes de cette nouvelle carte blanche « écologique », ou plutôt verte devrais-je dire, que vous agitez au nez de la population des vallées afin de justifier un développement archaïque qui n’a de durable que son inconséquence. Décidemment, les vieux réflexes d’aménageurs sont bien difficiles à concilier avec une fonction de présidence de Parc National.

Non, décidemment, rien n’a changé, nous allons droit dans le mur et le CG06 nous propose d’accélérer… avec pour seule protection une fine couche de peinture verte.

Le Collectif Vigilance-Mercantour

Tags: , , ,

Un commentaire pour “NON !”

  1. M dit :

    La messe est dite !

    On comprend bien qu’être pragmatique et raisonnable ne pèse pas bien lourd face à la cupidité des aménageurs de tous poils avec leur interpétation déviante du concept de développement durable.

    Ce qui est durable ce sont les vieilles ficelles, l’absence d’analyse, le manque d’esprit de recul, l’ivresse du pouvoir, les petites magouilles entre amis, la manipulation de l’opinion, la complaisance des médias locaux.

    Depuis 30 ans rien n’a changé par chez nous, sauf les méthodes de communication…

Laisser un commentaire